• Jane Birkin : encore fragile, mais soutenue par ses filles

    Elles n'avaient pas été réunies toutes les trois depuis des mois. Elles viennent d'illuminer la Fashion Week parisienne. Pour Jane, éprouvée par le deuil de sa fille aînée Kate et la maladie, le bonheur est désormais un devoir. Une promesse faite à ses deux autres enfants, Charlotte et Lou.

    Une femme libellule, fragile, mais résolue à défier la gravité. Il y a bientôt vingt ans, la cinquantaine frémissante, elle osait cette métamorphose sur la pochette de son album À la légère. Ce mardi 26 septembre, Jane Birkin a de nouveau fendu sa réserve, virevoltant sous les arches de l’Abbaye de Penthemont, dans le 7e arrondissement parisien. Curiosité de découvrir les créations d’Anthony Vaccarello pour la maison Saint Laurent, sans doute. Contentement devant les flashs qui crépitent, ravivent la mémoire des jours heureux et fixent ce que l’on sait désormais éphémère, plus certainement. Ce soir-là, sourire laqué de rouge, smoking à la coupe floue et tennis blanches délacées, la chanteuse était portée par deux ailes : ses filles Charlotte Gainsbourg et Lou Doillon. Instant de communion, rare et d’autant plus précieux. Depuis la disparition de Kate Barry, la fille et la sœur aînée, en décembre 2013, les trois femmes ont entamé le travail du deuil séparément. Trop de souvenirs brassés, trop de peines confondues. Accompagnée par son époux Yvan Attal et leurs enfants, Ben, Alice et Joe, Charlotte a quitté Paris, ville hantée par le fantôme de Kate, pour New York. Lou, bousculée par des inconnus qui lui confiait avoir eux aussi connu un suicide dans leur famille, s’est réfugiée dans l’enregistrement d’un deuxième disque et sur scène. Rongée par la culpabilité de « n’avoir pas su protéger », Jane, déjà éprouvée par une péricardite dysimmunitaire aïgue, a lu des textes de Serge Gainsbourg, puis repris ses titres en version symphonique, devant des auditoires respectant un silence religieux.

    Après des mois « à regar­der le papier peint » dans sa maison pari­sienne, la chan­teuse a retrouvé le goût de vivre et même, plus forte, l’en­vie d’exis­ter. La bien­veillance de ses admi­ra­teurs, qui l’em­brassent dans la rue et calent leur souffle sur le sien en concert, la boule­verse. Dans quelques jours, elle chan­tera Serge, en Pologne. Son entou­rage murmure un projet d’al­bum, huit ans après la sortie du très intros­pec­tif Enfants d’hi­ver. Orphe­line de son Pygma­lion, puis de son père, David Birkin, à quelques jours d’in­ter­valle, en 1991, « Babe alone in Baby­lone » soupi­rait alors que « survivre, c’est dégoû­tant ». Elle ne prenait même plus la peine de chan­ger les ampoules chez elle. « Etre aimée vous couvre comme un manteau », susurre-t-elle aujourd’­hui.

    « Souris et le monde sourit avec toi, pleure et tu pleures toute seule ». Malgré les hospi­ta­li­sa­tions, un « problème de globules blancs qui tirent sur les rouges », comme elle l’a expliqué à ses petits-enfants, la chan­teuse a fait sienne la devise de sa mère Judy Camp­bell, décé­dée en 2004.

    Le 14 décembre, « Jane B. » fêtera ses soixante-dix ans. Elle n’ignore pas qu’elle a changé physique­ment. Devant sa glace, le matin, elle regrette parfois cette peau qui fait « à peu près trois tailles de trop ». Elle pousse alors un grand cri et puis, tout va mieux, les complexes sont évacués. Elle a la poli­tesse d’épar­gner à ses proches la lour­deur de ses trai­te­ments.

    Lou, l’en­fant rebelle, s’est révé­lée la plus présente, au cours des dernières semaines. De retour en France, Char­lotte a enchaîné le tour­nage de La promesse de l’aube d’Eric Barbier avec celui des Fantômes d’Is­maël d’Ar­naud Deples­chin. Après quelques jours sous le soleil d’Avi­gnon, sa sœur cadette est venue rejoindre leur mère, à Lanni­lis, dans les Abers, fin août.

    Retrou­vez l'inté­gra­lité du sujet « Jane Birkin: plus forte pour Char­lotte et Lou », ainsi que les photos de leurs retrou­vailles dans le maga­zine Gala en kiosque ce mercredi 5 octobre.

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