• Morrissey, sur le fil du rasoir

    MUSIQUE - L'ancien chanteur des Smiths retrouve Paris pour un concert qui promet d'être marqué par une émotion particulière, à la suite de ses aveux quant à son état de santé.

    World Peace is None of Your Business (Capitol/Universal Music) nous a restitué le chanteur de Manchester dans toute sa splendeur, au beau milieu de l'été dernier. Salué unanimement comme son meilleur album depuis le classique Vauxhall and I de 1994, le disque a fait oublier l'aigreur qui affleurait à chacune des pages de son autobiographie, parue il y a un an, et couronnée d'un grand succès. Plus de vingt-cinq ans après la séparation des Smiths, groupe qui l'a révélé au début des années 1980, Morrissey demeure une figure incontournable de la pop anglaise. De celles que l'on respecte sans forcément toujours écouter leur production. En tout cas jusqu'à World Peace is None of Your Business - en bon français «La paix dans le monde -, ce n'est pas votre affaire», meilleur titre d'album de l'année, et de loin.

    Depuis une poignée d'années, l'auteur de Bigmouth Strikes Again multipliait les annulations de concerts, éveillant une certaine inquiétude quant à son état de santé. Dans un entretien donné au quotidien espagnol El Mundo le 6 octobre dernier, le quinquagénaire a avoué souffrir d'un cancer. «Si je meurs, je meurs. Et si je ne meurs pas, je ne meurs pas», a-t-il déclaré avec son sens habituel de la formule. «Les médecins m'ont déjà retiré des tissus cancéreux à quatre reprises, mais qui s'en soucie? Pour l'instant, je me sens bien. Je suis conscient que je n'avais pas l'air en forme sur certaines photos récentes, mais c'est ce que la maladie provoque», a-t-il avoué dans une rare confession intime. On a connu le chanteur beaucoup plus discret quant à sa vie personnelle.

    Margaret on the guillotine

    Pour l'heure, l'homme tient à maintenir ses engagements, après avoir multiplié les pépins: ulcère, double pneumonie puis infection respiratoire l'ont tenu éloigné des scènes ces deux dernières années. «Je me reposerai quand je serai mort» , a déclaré cet amoureux des aphorismes d'Oscar Wilde, meilleur parolier de la scène anglaise avec ses compatriotes Ray Davies et Jarvis Cocker. Dans les années 1980, au plus fort de la popularité des Smiths, Morrissey vouait la Dame de fer comme la reine d'Angleterre aux gémonies. On se souvient du chef-d'œuvre icomme de sa chanson Margaret on the Guillotine. Malgré la brièveté de son existence, The Smiths demeure une des formations britanniques les plus aimées de tous les temps. Bon nombre de nostalgiques appellent de leurs vœux une reformation. Une perspective qui paraît peu plausible, le guitariste et compositeur du groupe Johnny Marr menant pour sa part une belle carrière sous son seul nom.

    Morrissey termine actuellement son premier ouvrage de fiction, après avoir publié son autobiographie l'an passé. Il envisagerait d'ailleurs de se consacrer pleinement à l'écriture dans un avenir proche. «J'ai atteint un âge où je ne devrais plus faire de musique… La plupart des compositeurs classiques sont morts à 34 ans. Mais je suis toujours là et personne ne sait quoi faire de moi.» Boutade ou profession de foi ?

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