• Phil Collins fête ses 70 ans. Retour en musique sur le parcours solo d'une légende pop et rock

    Figure du rock au sein de Genesis, superstar pop dans sa carrière solo, Phil Collins est né le 30 janvier 1951. De "In The Air Tonight" à "Another Day In Paradise", le chanteur et batteur a enchaîné les tubes dans les années 80.

    Phil Collins est né le 30 janvier 1951 à Chiswick, dans l'ouest de Londres. Après des débuts au sein du groupe Flaming Youth, il rejoint en 1970 le groupe de rock progressif Genesis en tant que batteur, mais aussi choriste. Après le départ du chanteur Peter Gabriel en 1975, Phil Collins accepte de reprendre le flambeau, le groupe ne parvenant pas à trouver un successeur à Gabriel. Il joue en parallèle dans le groupe fusion Brand X. Au fil du temps, Genesis prend une nouvelle orientation artistique, plus pop, et séduit un public de plus en plus large. Dès 1981, Phil Collins mène plusieurs carrières de front : chanteur de Genesis, artiste solo, acteur, compositeur de musiques de films... Dans les années 80 et 90, il est au firmament.

    Ces dernières années, Collins a connu de nombreux problèmes de santé, et notamment de dos, qui l'empechent de jouer de la batterie. Sur scène, il se résigne à chanter assis. Alors que sa tournée de retrouvailles avec Genesis, The Last Domino? Tour, avec son fils Nic à la batterie, reportée pour cause de Covid-19, reprogrammée en septembre 2021, revisitons la foisonnante carrière solo de Phil Collins.

    01) In The Air Tonight (1981)

    Premier tube planétaire de Phil Collins en son nom propre, In The Air Tonight est le morceau d'ouverture de son premier album solo, et probablement la chanson la plus puissante de sa carrière personnelle. Phil Collins écrit l'album Face Value durant une pause avec Genesis, alors qu'il est en plein divorce de sa première épouse. De fait, le batteur-chanteur y injecte beaucoup d'éléments personnels, à commencer par sa colère. Les paroles de la chanson s'adressent à quelqu'un et expriment une rage intense : "Si tu me disais que tu étais en train de te noyer, je ne te tendrais pas la main (...) J'étais là et j'ai vu ce que tu as fait, de mes propres yeux. Alors efface ce sourire, je sais où tu étais. Ce n'est qu'un paquet de mensonges." Outre la rage, l'album exprime aussi de l'amertume et de la tristesse dans la ballade désespérée If Leaving Me Is Easy à la fin du disque. Chez Phil Collins, les chansons d'amour sont le plus souvent écrites à la première et la deuxième personne du singulier, comme un message mis en musique.

    02) You Can't Hurry Love (1982)

    En novembre 1982, Phil Collins sort l'album Hello, I Must Be Going, véritable réservoir de tubes dont une reprise d'un standard de la Motown, You Can't Hurry Love (Holland/Dozier, 1966), succès des Supremes, le trio de Diana Ross. Phil Collins aime revisiter le répertoire pop, rock et soul qui l'a influencé dans sa jeunesse. Dans son premier album, il a repris Tomorrow Never Knows des Beatles. Bien plus tard, en 1998, il glissera dans une compilation la reprise de True Colors (Steinberg/Kelly), classique de Cindy Lauper (1986). Et en 2002, dans l'album Testify, il reprendra Can't Stop Loving You (Billy Nichols, 1977), chanson devenue un tube via la version de Leo Sayer (1978).

    03) I Don't Care Anymore (1982)

    Le titre rageur I Don't Care Anymore, morceau d'ouverture de l'album Hello, I Must Be Going, demeure à ce jour l'un des emblématiques de Phil Collins, de par sa performance vocale, ses effets de batterie, ses notes longues au synthétiseur - si caractéristiques - et surtout ses paroles lapidaires : "Eh bien, tu peux dire à tout le monde que je suis une honte, faire circuler mon nom partout, je n'en ai plus rien à faire..." Une chanson qui semble avoir été écrite dans la foulée de son divorce douloureux.

    04) Against All Odds (1984)

    Quiconque disposait d'une radio branchée sur la bande FM en 1984 ne peut pas avoir échappé à cette ballade envoûtante. Écrite à la même époque que les chansons de Face Value, Against All Odds figure dans la bande originale du film du même titre (Contre toute attente en français), réalisé par Taylor Hackford, un thriller romantique qui mettait en scène Rachel Ward (vedette de la série Les Oiseaux se cachent pour mourir, Jeff Bridges et James Woods). Phil Collins côtoyait du beau monde dans cette bande originale : ses vieux complices de Genesis Peter Gabriel (ancien leader du groupe) et Mike Rutherford, mais aussi Stevie Nicks (Fleetwood Mac). Un an plus tard, Collins offrira sa voix à une autre ballade - très sucrée, mais qu'il n'a pas écrite - pour un autre film de Hackford, White Nights (Soleil noir), Separate Lives, une chanson interprétée en duo avec Marilyn Martin.

    05) Easy Lover (1984)

    Énorme tube de l'année 1985 en Europe (il est sorti un peu plus tôt aux États-Unis), le très entraînant Easy Lover demeure le plus célèbre duo de Phil Collins, enregistré avec le chanteur américain Philip Bailey, l'une des voix du groupe Earth, Wind & Fire. La chanson est sortie sur l'album solo Chinese Wall (1984) de Bailey.

    06) Take Me Home (1985)

    Probablement la plus belle chanson de l'album No Jacket Required (1985), autre usine à tubes de la discographie de Phil Collins, Take Me Home emmène le chanteur, parti faire un simple tour en voiture, aux quatre coins du monde... "J'étais à Tokyo, Sidney, New York, Londres...", répond Collins à une voix féminine qui lui demande où il était passé, à peine de retour chez lui. "Tu étais au pub, n'est-ce pas !", rétorque la voix... Un clip rafraîchissant et dépaysant, surtout par les temps qui courent.

    07) Don't Lose My Number (1985)

    Tube irrésistible de l'album No Jacket Required, Don't Lose My Number est servi par un clip parodique, truffé de références pop. Le chanteur y rencontre des réalisateurs qui lui soumettent des scénarios, justement, pour le clip de la chanson... Or, ces scénarios ressemblent de manière troublante à un western, à un Mad Max, à des clips sortis à peine deux ans plus tôt comme Every Breath You Take de Police ou I'm Still Standing d'Elton John.

    08) One More Night (1985)

    One More Night, ballade languissante et aigre-douce de l'album No Jacket Required, a connu un énorme succès à sa sortie en 45 tours (single) au printemps 1985 en Europe, quelques mois après sa sortie américaine. La chanson s'achève par un beau solo de saxophone interprété par Don Myrick, qui était membre du groupe Earth, Wind & Fire et qui apparaît dans le clip.

    09) Sussudio (1985)

    On ne peut pas tourner la page de l'album No Jacket Required sans évoquer son morceau d'ouverture, l'explosif Sussudio et son festival de cuivres. Phil Collins racontera plus tard qu'il a improvisé les paroles - dont le titre - alors qu'il faisait des expériences sur une boîte à rythmes. Une autre chanson de l'album, au punch redoutable, est bien connue des supporters du PSG : la version live de Who Said A Would accompagne l'entrée sur le terrain des joueurs parisiens au Parc des Princes.

    10) A Groovy Kind Of Love (1988)

    Ballade imparable de l'année 1988, A Groovy Kind Of Love est une reprise délicieuse d'une chanson composée à l'origine par l'Italien Muzio Clementi (1752-1832), adaptée au XXe siècle par les songwriters américains Toni Wine et Carole Bayer Sager. Phil Collins, qui tournait en 1988 le film Buster de David Green, a suggéré d'inclure la chanson dans la bande originale, ainsi qu'un autre titre qu'il a cosigné, Two Hearts, un titre très inspiré de la Motown, qui connaît un grand succès en 1989. Dix ans plus tard, en 1999, Phil Collins composera la musique du film d'animation Tarzan de Disney. Il remportera l'Oscar de la meilleure chanson originale avec You'll Be In My Heart. En 2003, il participera activement à une autre bande originale de Disney, celle du film Frère des ours (Brother Bear) avec des titres comme No Way Out et Look Through My Eyes.

    11) Another Day In Paradise (1989)

    Morceau phare de l'album ... But Seriously (1989), Another Day In Paradise aborde - ce qui n'est pas courant chez Collins - un sujet de société : les sans-abri. "Penses-y à deux fois, c'est un autre jour au paradis pour toi et moi", répète le refrain de la chanson qui évoque ces personnes que l'on croise dans la rue, qui réclament parfois de l'aide, alors que les passants font mine de ne pas les entendre et s'éloignent "sans se retourner", 'l'air gêné". Cette chanson possède son alter ego troublant dans le répertoire de Genesis : Man On The Corner, écrit par Collins et sorti en 1982 dans l'album Abacab.

    12) I Wish It Could Rain Down (1989)

    Somptueuse ballade sentimentale de l'album ... But Seriously, la chanson I Wish It Would Rain Down a été enregistrée avec un invité de marque : Eric Clapton, ami de Phil Collins. Le clip scénarisé, en noir et blanc, évoque les rêves de gloire d'un obscur batteur, Bill Collins, qui remplace au pied levé un chanteur lors d'une répétition d'une comédie musicale. C'est Clapton lui-même qui souffle son nom au metteur en scène irascible : "Il était batteur dans un très bon groupe, et quand le chanteur est parti, il l'a remplacé", plaide-t-il dans un joli clin d'œil à l'histoire de Genesis. Du coup, un préposé au ménage est catapulté à sa place à la batterie, Chester, qui n'est autre que Chester Thompson, qui a été très longtemps le compagnon de route de Phil Collins en solo, et de Genesis en tournée. L'album renferme d'autres ballades très efficaces, That's Just The Way It Is et Do You Remember, ainsi qu'un titre très pop, Something Happened On The Way To Heaven, dont l'intro semblera familière à pas mal de monde.

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